Suggestions de livres et de films pour découvrir le Nicaragua

Par Nathalie Bastien, accompagnatrice

Où se trouve le Nicaragua ? Qu’est-ce qui distingue ce pays ? Comment préparer un tel voyage au pays des poètes ? Dans son circuit vers ce beau Nicaragua, Voyages Lambert convie tous les curieux et passionnés d’histoire et de grands espaces à découvrir cette perle cachée de l’Amérique centrale. Pour préparer un tel voyage, ses experts vous ont préparé une liste de suggestions littéraires et cinématographiques.

Pourquoi aller au Nicaragua ?

Située en Amérique centrale, lovée entre le Honduras et le Costa Rica, cette destination encore méconnue des touristes est particulièrement prisée pour son extraordinaire biodiversité se déclinant en une ribambelle de volcans, une riche végétation tropicale et une faune colorée. De plus, le pays abrite des sites archéologiques d’exception et de petits bijoux coloniaux tels que León et Granada, qui sont les témoins de l’ère précolombienne, de l’héritage hispanique et du mouvement sandiniste.

Mais faire un voyage au Nicaragua, c’est aussi faire une incursion dans une grande nation de poètes au passé culturel riche et diversifié. Voici donc quelques suggestions littéraires afin de vous familiariser avec cette culture unique.

 

Des œuvres littéraires pour voyager au Nicaragua

 

Chants de vie et d’espérance, Rubén Darío, Éditions Sillage, 2012

Dire que Rubén Darío est un grand poète est un euphémisme… c’est un héros national, un personnage central de la littérature nicaraguayenne et hispanique. Ce recueil de poésie est une œuvre majeure du poète qui eut un rôle prépondérant dans le modernisme de la poésie hispanique. Darío fait preuve d’une inventivité formelle parfois révolutionnaire et de la maîtrise d’un immense talent.

 

Le Pays que j’ai dans la peau, Gioconda Belli, Éditions Bibliophane, 2003

Roman, récit autobiographique — « Personne en me voyant ne soupçonnerait qu’un jour un tribunal militaire m’a jugée et condamnée à la prison parce que j’étais révolutionnaire. Pourtant j’ai vécu cette vie-là. J’ai été témoin et artisan de la réalisation de grands exploits. J’ai porté en moi et accouché d’une Révolution faite de la chair, du sang et du désir de toute une nation. J’ai vu des foules entières célébrer la fin de quarante-cinq années de dictature, l’énergie énorme qui se déploie quand on ose transcender la peur, l’instinct de survie, pour un objectif qui dépasse l’individuel. J’ai beaucoup pleuré ; j’ai beaucoup ri aussi. J’ai connu le bonheur d’abandonner le “je” pour embrasser le “nous”. Et aujourd’hui, alors qu’il est si facile de tomber dans le cynisme, de ne plus croire en rien, d’écarter les rêves avant même qu’ils aient eu des ailes, j’écris ces mémoires pour défendre le bonheur qui vaut la peine de vivre, et même de mourir. »  Gioconda Belli n’a pas vingt-cinq ans lorsqu’elle rejoint un groupe clandestin et le front sandiniste luttant pour renverser le dictateur régnant depuis des décennies sur son pays. Pourtant rien de sa vie de jeune femme ne laissait présager qu’elle deviendrait révolutionnaire.

Ce récit incontournable de la littérature nicaraguayenne peut s’avérer difficile à trouver en librairie, mais vous le retrouverez sur les rayons de votre bibliothèque, comme ici.

Muchacho : intégrale, Emmanuel Lepage, Éditions Dupuis, 2012

Bande-Dessinée — Édition regroupant les tomes 1 et 2 — Nicaragua, 1976. Gabriel, jeune peintre séminariste, est le fils d’une grande famille de Managua. On l’envoie exercer ses talents et apprendre auprès de Ruben, le prêtre de San Juan, un petit village niché dans la montagne. Gabriel devra apprendre à connaître et aimer les villageois qui ne l’apprécient guère, encouragé par Ruben qui l’exhorte à les représenter tels qu’ils sont ; des hommes et femmes de chair et de sang. Ainsi, en « soulevant la peau des choses », Gabriel découvrira la répression militaire contre les paysans et le joug écrasant de sa sensualité. Les temps sont à la révolte et à la révolution… Picturale, amoureuse ou révolutionnaire, c’est la passion qui anime Muchacho, à travers la destinée complexe et mouvementée de son héros. Emmanuel Lepage signe ici sa première œuvre solo ; une réussite exceptionnelle.

Il pleut sur Managua, Sergio Ramirez, Éditions Métailié, 2011

Polar — Managua, 1972. Au milieu des ruines du tremblement de terre de 1972, des bidonvilles aux quartiers chics, la ville est traversée par des processions religieuses délirantes, des manifs de toubibs, des embouteillages monstres… Désormais, la guérilla n’est plus qu’un souvenir. Les anciens guérilleros sont devenus policiers ou bandits, patrons ou employés et les trahisons vont bon train, les narcos courant toujours. Ce jour-là, au son d’un orchestre de chicheros et escortée par les officiers de la police nicaraguayenne, la Vierge de Fatima entre dans la ville. De son bureau de la plaza del Sol l’inspecteur Morales regarde la scène. Il est chargé d’enquêter sur une histoire de narcos, et pas des moindres. Sur fond de chaos social et politique, il traque les coupables. L’auteur vous plonge dans une société désabusée, multipliant les personnages hauts en couleur et les histoires troubles tout en maniant avec talent l’humour vache et la satire sociale.

 

Suggestions cinématographiques pour voyager au Nicaragua 

 

Carla’s song – de Ken Loach, avec Robert Carlyle – 1996

Glasgow 1987. George, chauffeur de bus, est amoureux de Carla, une jeune réfugiée nicaraguayenne qui a fui la guerre dans son pays, après avoir été témoin d’évènements sur lesquels elle garde le silence. Après l’avoir sauvé d’une tentative de suicide, il décide de se rendre avec elle au Nicaragua, sur les traces de son passé. George se retrouve soudain confronté à une violence qui n’est pas la sienne et qu’il lui est impossible à supporter.

Nicaragua, une révolution confisquée — Documentaire ARTE 2013

En 1979, suscitant un grand espoir parmi le peuple nicaraguayen opprimé par 50 ans de dictature, la révolution sandiniste chassait du pouvoir la famille Somoza. Qu’est devenue cette révolution originale qui a enthousiasmé le monde entier ? Une révolution pluraliste dépouillée du dogmatisme des précédentes et qui incarnait la possibilité d’une 3e voie rompant avec l’antagonisme est-ouest de la guerre froide ? L’idéalisme révolutionnaire n’aura duré que neuf mois, débouchant sur une guerre civile entre les sandinistes au pouvoir et une résistance armée, la Contra, financée par les États-Unis. Cette révolution aurait-elle pu tenir ses promesses originelles ou était-elle vouée à l’échec ? Qu’en reste-t-il aujourd’hui ?

 

Under Fire, de Roger Spottiswoode avec Nick Nolte, Joanna Cassidy, Ed Harris et Jean-Louis Trintignant, 1983

Nicaragua, 1979. Durant les derniers jours du régime Somoza, le photojournaliste Russel Price et sa coéquipière Claire couvrent la guerre civile. Au fil des jours, ils en viennent à se questionner, prenant conscience de la brutalité de l’armée somoziste vis-à-vis de la population. Les sandinistes les abordent afin de leur demander de photographier Rafael, leur meneur, dont le gouvernement nicaraguayen vient d’annoncer la mort. Celui-ci est en réalité bel et bien mort, mais les guérilleros veulent démontrer, par une photographie truquée, qu’il est toujours vivant, afin de terminer la guerre à leur avantage. Ils partent en quête de la vérité, traqués par l’armée, pris entre les mensonges des révolutionnaires et ceux de la CIA qui tentent tous de manipuler l’image de la révolution aux yeux du monde. Jusqu’à ce qu’ils en aient trop vu et décident de prendre parti.

Vous pouvez visionner la bande-annonce ici (en anglais)

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