Anatomie d’une oeuvre d’art : Le cri d’Edvard Munch

L’émotion culturelle est au cœur de l’empreinte génétique de nos circuits et le Grand tour des capitales scandinaves n’y échappe pas. En plus de proposer une découverte approfondie de l’histoire et du patrimoine architectural de chaque métropole, cet itinéraire vous fera découvrir plusieurs grands artistes, peintres, musiciens, sculpteurs, à travers des visites de musées, galeries et espaces artistiques exceptionnels.  Aujourd’hui, c’est à la rencontre de l’une des œuvres les plus célèbres de l’histoire de l’art que nous vous amenons; une de celles qui marquent profondément l’imaginaire et l’inconscient collectif, peut-être parce qu’elle interpelle toujours, dans le bon sens comme dans le mauvais, assurément, un travail d’artiste qui ne laisse personne indifférent. 

5 version Le Cri Munch

Il s’agit du « Cri » (en norvégien « Skrik ») d’Edward Munch (1863-1944), un tableau dont le nom et le sujet sont pratiquement plus célèbres que l’artiste qui le réalisa. Il faut dire que l’actualité s’est, au cours des 40 dernières années, régulièrement chargée de nous rappeler son existence. En effet ce tableau existe en cinq versions (3 peintures, 1 pastel et 1 lithographie), produites entre 1893 et 1917. Ces différentes versions ont fait couler beaucoup d’encre au fil du siècle dernier. Pour mémoire la vente aux enchères par Sotheby’s à New York de l’une d’entre elles, celle qui appartenait au milliardaire norvégien Petter Olsen, a atteint la coquette somme de 120 millions USD en mai 2012. Presque 10 ans après, il reste toujours dans la liste des 20 tableaux les plus chers au monde! N’oublions pas que la version qui appartient à la Galerie Nationale d’Oslo fut volée en 1994 et retrouvé 3 mois après, tandis que l’une des deux versions appartenant au musée Munch a aussi été volée (en compagnie d’une autre des œuvres phares de Munch : la « Madone ») en 2004 durant une attaque à main armée. Les tableaux seront retrouvés 2 ans plus tard.

Que de passions donc autour d’une œuvre qui pourtant n’est pas remarquable par ses dimensions. Si l’on parle de la version en tempera sur carton de la Galerie Nationale d’Oslo, il ne s’agit que d’un rectangle de 91 cm de haut par 73,5 de large. Quelle que soit la version, nous nous approcheronons au moins d’une au cours de notre circuit Grand tour des capitales scandinaves. Le personnage central hypnotise ou rebute, chacun a sa vision, son ressenti, son émotion, devant ce personnage tenant sa tête de mort et couvrant les oreilles entre ses mains longues et fines, les yeux écarquillés d’épouvante, et la bouche béante. Quelque temps avant la réalisation du tableau, Edward Munch écrivait dans son journal : « Je me promenais sur un sentier avec deux amis – le soleil se couchait – tout d’un coup le ciel devint rouge sang. Je m’arrêtai, fatigué, et m’appuyait sur une clôture – il y avait du sang et des langues de feu au-dessus du fjord bleu noir de la ville – mes amis continuèrent et j’y restai, tremblant d’anxiété – je sentais un cri infini qui passait à travers l’Univers et qui déchirait la Nature ». Il est d’ailleurs intéressant de savoir que le premier titre que l’artiste donna au tableau fut « Le cri de la Nature ». Contrairement à l’idée reçue, le cri ne vient donc pas du personnage mais de la Nature environnante. Le personnage est donc effrayé et se couvre les oreilles pour atténuer un bruit assourdissant. C’est sans aucun doute l’un des tableaux les plus anxiogènes de sa génération et l’une des meilleures incarnations possibles du courant expressionniste. La toile est née dans une société de capitale scandinave de la fin du XIXe siècle, conformiste, puritaine et bourgeoise.

L’artiste est à l’époque tourmenté et hanté par la mort, la maladie et la souffrance dont sa vie est marquée : dès son plus jeune âge par la perte de sa mère et de l’une de ses sœurs préférées, mortes de la tuberculose, une autre sœur souffrant de dépression grave et qui sera internée à vie; lui-même souffrait de dépression nerveuse et d’hallucinations – largement aidées par, dit-on, une grande consommation d’absinthe; il était, en prime, le jouet des caprices d’une maîtresse/modèle qui le manipulait et le trompait allègrement… Cette toile, d’où sa puissance perturbante, est l’une des incarnations de son mal être; une allégorie qui reviendra, plus ou moins ressemblante, dans certains de ses tableaux, en fait chaque fois que la surcharge émotionnelle de ce qui est représenté (comme la trahison de sa maîtresse ou l’incendie d’une maison) était trop forte pour l’artiste. Ses œuvres abordent surtout les thèmes de l’angoisse, de la mélancolie, de la peur, de la mort et de la douleur car par la peinture il souhaitait exprimer, selon ses propres termes « les états d’âmes les plus subtils ».

Oslo cityscape as viewed from the Ekeberg hill at sunset with sun reflecting in Oslofjord, Norway, Scandinavia

On dit que le rouge flamboyant du coucher de soleil aurait été provoqué par les cendres propulsées dans la haute atmosphère par l’éruption du volcan indonésien Krakatoa en 1883, que le visage serait inspiré de momies péruviennes Chachapoyas découvertes par l’artiste au cours d’une exposition lorsqu’il étudiait à Paris sous la houlette de Léon Bonnat.  La seule chose qui est certaine c’est que le paysage que l’on voit en arrière-plan est celui du fjord d’Oslo tel qu’on le voit depuis la colline d’Ekeberg, un lieu que l’artiste et tout bon habitant de la capitale norvégienne qui se respecte fréquente régulièrement et qui depuis a été transformé en un parc de sculptures à ciel ouvert parmi les plus intéressants au monde. Un lieu désormais incontournable que nous vous proposerons d’explorer au cours de la visite d’Oslo, lors du circuit Grand tour des capitales scandinaves. D’ailleurs, un billet de notre blogue vous en fait la présentation.

Le Cri, ou la représentation ce mal être est l’expression d’un sentiment qui ne peut que résonner en chacun d’entre nous. Souvent utilisé pour symboliser l’homme moderne emporté par une crise d’angoisse existentielle, il a inspiré des artistes, des livres, des films, des bandes dessinées et même, désormais, une émoticône!

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