L’art contemporain Tingatinga
en Afrique de l’Est

Avec Voyages Lambert, quand on découvre l’Afrique de l’Est, et plus précisément lorsqu’on explore le côté du Grand Rift, dans des pays comme le Kenya et la Tanzanie, au delà des paysages grandioses qui ont vu apparaître l’Humanité et de l’incroyable diversité de la faune et de la flore, nos yeux sont souvent enchantés par la présence, tout au long des arrêts, d’une profusion de tableaux, la plupart du temps proposées à la vente comme souvenir de voyage. Beaucoup de ces œuvres représentent des sujets naïfs aux couleurs chatoyantes montrant le plus fréquemment des animaux traités en deux dimensions se détachant d’un arrière plan qui ne montre aucun désir de perspective. Ne vous méprenez pas au sujet de cette apparente simplicité car il s’agit là d’un genre artistique on ne peut plus reconnu qui, déjà depuis plusieurs décennies, a gagné ses lettres de noblesse : l’art du Tingatinga.

    Tingatinga leopard

 

Qui était Tingatinga?

Le nom de cette forme d’art est associé à un nom de famille, celui de son fondateur, Edward Saïdi Tingatinga qui naquit en 1937 à Namochelia, dans le Sud de la Tanzanie dans une famille de fermiers. En 1953 le tout jeune homme se transféra à Dar-es-Salaam pour y chercher du travail. Jusqu’en 1961 il occupa plus emplois «alimentaires», principalement dans l’industrie de la construction ou encore dans le domaine de la santé. Il fut impressionné pendant ces années difficiles par la facilité avec laquelle certains artistes, la plupart d’origine congolaise, vendaient des peintures d’un style qui attirait les touristes occidentaux, en général des peintures de petites dimensions, faciles à transporter représentant le plus souvent les fameux « big five ». Alors il décida de tenter sa chance lui aussi avec la peinture. Comme il n’avait pas les moyens de s’offrir du matériel professionnel il commença avec des matériaux de récupération, comme de vieux panneaux de plafond en masonite, de la peinture pour bicyclettes (ce qui explique pourquoi les couleurs sont si brillantes et saturées) et de vieux pinceaux. Malgré ces débuts en apparence peu prometteurs, Edward Saïdi Tingatinga développa très rapidement un style artistique unique et original. Sa peinture surréaliste, colorée et parfois surchargée, représentait des animaux et des oiseaux fantastiques, des danses tribales et des scènes de la vie des villages, un style, bien sûr, tout à fait en accord avec la demande de ceux qui voulaient ramener un souvenir de leur voyage en Afrique de l’Est. Son manque de formation académique le conduisit à développer une approche simple, directe et naïve des sujets, manquant, certes, de nuances et de détails mais débordant d’une vie exubérante, de fantaisie et de couleur. Les peintures se vendaient bien et Edward Saïdi Tingatinga alla même jusqu’à recruter des membres de sa famille pour copier ses œuvres, toujours inspirées par une légende ou un proverbe de la culture tribale Makua, dont était issu l’artiste.

oiseaux tingatinga

En 1972 cette carrière prometteuse fut fauchée par la balle d’un policier dans le cadre d’une malheureuse confusion d’identité. Mauvais endroit au mauvais moment hélas. Néanmoins le style de ses œuvres était tellement populaire qu’un ample mouvement de suiveurs et d’imitateurs commença à se regrouper sous l’appellation « école Tingatinga ». Ainsi les 6 personnes les plus proches du défunt artiste (des membres de la famille et des amis: Ajaba Abdallah Mtalia, Adeusi Mandu, Linda de Enero, Casper Tedo, Simon Mpata et Omari Amonde) s’organisèrent pour créer en son souvenir une société coopérative, appelée « Tingatinga Arts Cooperative Society », la TACS,  à laquelle adhérèrent de nombreux artistes de Dar-es-Salaam et de Zanzibar. Bien qu’aujourd’hui ce regroupement d’une centaine de personnes soit reconnu comme le représentant le plus légitime du patrimoine de Tingatinga il faut préciser que cela ne représente qu’une petite fraction des artistes contemporains qui se réclament de l’école Tingatinga en général.

La première génération d’artistes de l’école Tingatinga se contenta, à la disparition de l’artiste, de reproduire fidèlement les œuvres de celui qui désormais était considéré comme leur maître. Pendant la décennie 1990, de nouvelles tendances surgirent à l’intérieur même de la coopérative, répondant ainsi aux transformations que connaissait la société tanzanienne après son indépendance. De nouveaux thèmes apparurent en relation avec la société urbaine et multiethnique de Dar-es-Salaam, comme par exemple des scènes de rues, conjugués avec des nouveautés techniques telles que l’usage de la perspective. Cependant bien que l’essentiel des sujets restaient intimement ruraux, ce style de peinture s’affirmait de plus en plus comme une forme d’expression urbaine dont le terreau évolutif se trouvait dans les rues de Dar-es-Salaam, Un style qui néanmoins ne perdait jamais de vue qu’il s’agissait d’un moyen pour gagner de l’argent et non d’un moyen d’expression personnel, faisant appel à la vision romantique de la vie africaine que peuvent avoir certains voyageurs occidentaux.

À cause de sa courte vie artistique (environ 4 ans seulement), E.S. Tingatinga ne laissa qu’un nombre relativement restreint de peintures et ses œuvres originales sont désormais très activement recherchées par les musées et les collectionneurs (une tâche d’autant plus ardue qu’elles sont en grande partie perdues au milieu d’une quantité astronomique de copies).  Depuis le début du XXIe siècle certains artistes reconnus (comme George Lilanga) disent avoir été influencés par le style Tingatinga, les critiques d’art s’emparent de l’œuvre de l’artiste à un point tel que désormais les débats se portent sur les vraies origines et les influences de la vie et de l’œuvre d’Edward Saïdi Tingatinga. En 2010, même le géant Disney a réalisé, en employant des artistes d’Afrique de l’Est (parmi lesquels des membres de la TACS), deux saisons d’une série d’animation appelée « Les contes de Tinga Tinga ». Les signes sont là, on parle désormais d’un classique de la peinture africaine, reconnu par le marché de l’Art, qui fait couler de plus en plus d’encre, même celle de Voyages Lambert! Et si l’encre coule cela veut dire que la reconnaissance est de plus en plus forte et méritée. Ce sont désormais des peintures qui sont très populaires dans les galeries de peintures du Japon, de Scandinavie, de Suisse tout comme dans celles des États-Unis et du Canada. Alors, amateurs d’art et d’émotion culturelle, voici une raison de plus de venir découvrir avec Voyages Lambert le Kenya et la Tanzanie mais aussi de peut-être ramener une œuvre d’art caractéristique de l’art contemporain de l’Afrique de l’Est dont la beauté naïve et hypnotique ne cessera jamais de vous raconter des histoires.

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