La naissance de Vénus de Botticelli,
un peintre et sa muse

par Jean Louis Fabaron, accompagnateur

Lorsqu’on entreprend une découverte de Florence, chose que Voyages Lambert propose régulièrement grâce à ses circuits consacrés à l’Italie,  il y a des rendez-vous avec l’émotion culturelle que l’on ne saurait manquer. Sans vouloir tous les citer, tant il y a matière dans cette ville que l’on surnomme souvent à juste titre « le berceau de l’Art », il est un lieu qui recueille tous les suffrages chez les amateurs de Beaux Arts, la très célèbre « Galerie des Offices ».

 

La célèbre Galerie des Offices à Florence, musée d’exception

C’est dans le cadre somptueux d’un ensemble de bureaux, formé de deux bâtiments, réunis du côté de l’Arno par une galerie à deux étages, enserrant ainsi une cour que l’on appelle Piazzale des Offices que ce trouve ce musée si célèbre. Un complexe qui a été voulu par Cosme le Jeune (1519-1574) et qui fut conçu par Giorgio Vasari (1511-1574). Arpenter aujourd’hui les couloirs et les salles de cette cité administrative de la Renaissance c’est avoir un rendez-vous avec certains des plus grands noms de l’histoire de l’art italienne et européenne. Ici se côtoient, parmi tant d’autres, Giotto, Léonard de Vinci, Cimabue, Caravage, Titien, Rembrandt, Raphaël, Canaletto, Dürer, Goya et bien sûr, pour le sujet d’aujourd’hui, celui et celle qui nous intéressent : Sandro Botticelli et sa modèle de prédilection : Simonetta Vespucci.

Simonetta Vespucci, le visage de l’oeuvre de Botticelli

C’est dans les salles 10 à 14 que sont accrochées quelques œuvres, parmi les plus importantes, de celui qui fut l’un des artistes préférés des Médicis, Alessandro di Mariano di Vanni Filipetti, depuis son enfance surnommé Botticelli, qui signifie « petit tonneau ». On y admire des toiles dans lesquelles on peut reconnaître celle qui fut l’une des muses incontestables de ce génie de la Renaissance et la maîtresse de Julien de Médicis : Simonetta Vespucci. Elle est l’incarnation de la déesse de la Beauté dans « la naissance de Vénus »; on la reconnaît aussi parmi l’une des trois Grâces du « Printemps »; dans « La Vierge à la Grenade » ou encore dans « Pallas et le centaure ». Inutile donc de préciser que, grâce aux Médicis, celle qui était considérée par ses contemporains comme l’une des plus belles femmes du monde n’avait pu que croiser, le chemin de l’artiste qui lui vouera un amour platonique tellement fort qu’il demanda et obtint d’être enterré à ses pieds, dans l’église d’Ognissanti à Florence, l’église paroissiale des Vespucci.

Qui était Simonetta Vespucci?

Simonetta Vespucci (1453-1476) était originaire de Gênes. Mariée à Marco Vespucci elle est la cousine par alliance de celui qui donna son prénom au Nouveau Monde, Amerigo Vespucci. Son mariage eut lieu à Florence et tout de suite, sa beauté exceptionnelle la fit remarquer par Laurent et Julien de Médicis, mais aussi par de grands peintres de la Renaissance, parmi lesquels Botticelli, dont elle fut la modèle préférée. Elle mourut prématurément de la tuberculose et l’image que l’on en garde à travers son incarnation de Vénus, n’est rien de plus qu’une image idéalisée par la mémoire de l’artiste puisque le tableau ne sera réalisé qu’en 1485, soit 9 ans après son décès.

La naissance de Vénus, déesse de la Beauté

La toile, peinte « a tempera », aux dimensions notoires (1,725 X 2,785 m) représente Vénus, déesse de la Beauté, de l’Amour et de la Pureté, arrivant à l’île de Chypre, debout dans une coquille Saint-Jacques, sortant de l’écume de la mer qui s’est formée au moment de l’émasculation d’Ouranos par Chronos. À sa gauche, soufflant sur la déesse et ses cheveux se tiennent Zéphyr, le vent d’Ouest, et sa femme Aura, la brise – certaines versions parlent de Chloris dont le nom latin était Flore. À droite elle est accueillie par l’une des Heures, celle du Printemps (fille de Thémis et de Jupiter) qui tente malgré le vent de couvrir le corps de la déesse d’un voile rouge parsemé de motifs floraux, tandis que du ciel tombent des fleurs de myrte. La pose de Simonetta, dite en « contrapposto » est celle que l’on retrouve chez certaines Vénus antiques, sujets que Botticelli aurait pu avoir vu dans les collections des Médicis. La pudeur de la belle est à peine dissimulée par la longue chevelure blonde qui ne masque que partiellement ses courbes féminines. En fait, elle dévoile son innocence et sa pureté aux yeux protecteurs de celui ou celle qui contemple le tableau.

Une Vénus céleste, de l’amour spirituel

Il s’agit d’un nu pratiquement grandeur nature, l’un des plus mythiques de l’Histoire de la peinture, et pour l’époque il faut insister sur le fait que c’était une grande nouveauté car d’une part le nu était proscrit de l’imagerie chrétienne (sauf dans les cas de représentations du péché de luxure ainsi que quelques représentations d’Eve) et d’autre part parce qu’il s’agit d’une œuvre païenne alors qu’au XVe siècle les sujets religieux forment l’essentiel des commandes. C’est donc le retour du nu féminin en peinture, un sujet tabou depuis presque mille ans et pour réussir ce tour de force Botticelli va proposer une synthèse entre le monde païen et le monde chrétien. Vénus est dans l’Antiquité associée à l’amour charnel et sauvage, ici elle est représentée comme une divinité fragile et pudique. Son regard mélancolique suggère qu’elle est détachée des contingences terrestres et matérielles, peut-être parce que déjà morte au moment de la réalisation du tableau; elle est par conséquent davantage une Vénus céleste et par cette représentation on passe de l’amour charnel à l’amour spirituel. Cette Vénus marque le début d’une période glorieuse pour l’art italien en évoquant un canon de beauté éternellement rayonnant tout en proclamant une innovation dans l’esprit de la Renaissance et en participant au réveil de la « humana conscientia ».

Et il serait dommage que vous ne suiviez pas les pas de Voyages Lambert à Florence, dans le circuit Italie, ce musée à ciel ouvert, pour y découvrir dans le Musée des Offices ce qui est l’une des plus belles collections au monde d’art italien et européen ainsi que l’une des incarnations parmi les plus réussies de la beauté féminine…n’en déplaise à tous ceux qui disent que Simonetta Vespucci est représentée avec des proportions assez inexactes!

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