La Jordanie, terre des premiers chrétiens

Coincée entre deux mers, l’une Rouge l’autre Morte, la Jordanie que l’on découvre avec Voyages Lambert est une charnière entre le monde méditerranéen et l’Orient. De nombreuses civilisations s’y sont succédées laissant de splendides vestiges qui comptent parmi les plus importants du Moyen Orient, plus particulièrement si l’on s’intéresse aux premiers pas du Christianisme.

C’est cette terre qui a vu les premiers signes du mouvement humain vers la croyance en un dieu unique, et le développement des croyances abrahamiques qui donneront naissance aux religions monothéistes : judaïsme, christianisme et islam. C’est en effet dans le sud du pays que, selon les récits transmis, Dieu s’est manifesté aux hommes. Nous avons vu dans un article précédent l’incroyable densité des sites bibliques sur le territoire du Royaume hachémite; voyons maintenant comment et où se développèrent les premières communautés de la religion chrétienne qui jamais ne cessa de s’étendre depuis.

Mémorial de Moïse sur le mont Nebo Jordanie
Mémorial de Moïse sur le mont Nebo

Exode des chrétiens de Jérusalem à Pella

On ignore, fautes de sources fiables, à peu près tout du développement du christianisme dans cette région du monde au cours des trois premiers siècles, si ce n’est qu’en 66, lorsqu’éclata une des premières grandes révoltes juives contre les Romains, les membres de la communauté judéo-chrétienne de Jérusalem s’enfuirent et se réfugièrent à Pella, cité de la Décapole dont les vestiges se trouvent aujourd’hui en Jordanie. C’est Eusèbe de Césarée qui, le premier, livra cette information : « Le peuple de l’église de Jérusalem reçut, grâce à une prophétie transmise par révélation aux notables de l’endroit, l’ordre de quitter la ville avant la guerre et d’habiter une ville de Pérée, nommée Pella. Ce fut là que se transportèrent les fidèles du Christ après être sortis de Jérusalem, de telle sorte que les hommes saints abandonnèrent complètement la métropole royale des juifs et toute la terre de Judée. » (Histoire ecclésiastique III, 5). En fait, suite à la crucifixion de Jésus sur le Golgotha, les judéo-chrétiens de Jérusalem étaient persécutés par leurs coreligionnaires, les juifs, qui à l’époque, croyaient que les romains pouvaient contribuer à la renaissance d’un état d’Israël indépendant. On comprend donc que l’exode des chrétiens à Pella, loin d’être exceptionnel (il y a eu aussi l’exil des Zélotes à Jabné, le centre d’où renaîtra le judaïsme après la destruction du temple), exprime le rejet de la révolte anti-romaine par un grand nombre d’habitants de la Palestine de cette époque.

Après l’édit de Milan de 313, de nombreux évêques venant de diverses régions de l’Empire, tant des provinces d’Arabie que de Palestine, participèrent aux premiers grands conciles : Nicée, Constantinople, Éphèse et Chalcédoine. Par leur présence, ils attestent l’existence de communautés chrétiennes dont, par ailleurs, nous ne savons que peu de chose, si ce n’est qu’elles furent souvent traversées par des courants hétérodoxes.

La seule présence chrétienne organisée est celle qui est attestée à Gerasa, l’actuelle Jerash, au cours du IIIe siècle, où Epiphane parle du martyrium élevé au centre de la ville, prouvant ainsi l’existence d’une communauté chrétienne importante dans la cité traditionnellement consacrée à Artémis.

 

Porte de la cathédrale dans la cité romaine de Jerash
Porte de la cathédrale dans la cité romaine de Jerash

 L’agogée de la christianisation

 C’est surtout au Ve et au VIe siècles, que la christianisation atteignit son apogée. C’est à cette époque que s’édifièrent sur tout le territoire, des centaines d’églises et de couvents dont les vestiges sont souvent admirablement conservés : ensembles de mosaïques, de pavements, dont les plus célèbres proviennent de l’école des mosaïstes de Madaba. C’est autour de ce centre que se répartissent les plus belles réalisations : au mont Nébo, à l’église Saint-Lot-et-Saint-Procope et surtout à Madaba même, où fut mise au jour à la fin du siècle dernier l’étonnante carte du Proche-Orient réalisée à la fin du VIe siècle, qui fournit aux historiens des informations précieuses sur la géographie de cette région à l’époque byzantine.

 

Carte en mosaïque de Madaba
Carte en mosaïque de Madaba

Au VIe siècle, les églises de Transjordanie furent déchirées, comme toutes celles du Proche-Orient, par la querelle qui opposa orthodoxes et monophysites. Or, on sait par une lettre adressée à Jacques Baradée, le fondateur de l’Église monophysite, qu’il avait le soutien de cent quarante-sept monastères d’Arabie. Ce chiffre, peut-être exagéré, montre l’ampleur qu’avait atteint la diffusion du christianisme qui, vraisemblablement à l’aube du VIIe siècle, était devenu la religion du plus grand nombre, tant chez les sédentaires que chez les nomades de Transjordanie.

Si la conquête musulmane mit fin à l’époque byzantine, elle ne détruisit pas les communautés chrétiennes, même si elle les désorganisa d’une manière telle qu’il est rare après cette époque de trouver trace de communautés organisées autour de leur évêque et de son clergé. Ce sont les vestiges de ces communautés que les croisés retrouvèrent au XIIe siècle parmi les Bédouins chrétiens d’Outre Jourdain qu’ils firent venir nombreux dans la région de Jérusalem. À la veille de la première guerre mondiale, les régions de Kérak et de Madaba étaient encore majoritairement chrétiennes, bien que très divisées : orthodoxes pour une large part, et aussi melkites et latines. Le développement de la Jordanie contemporaine modifia la localisation des communautés chrétiennes qui, de nos jours, représentent encore 5 % de la population totale du pays, répartis pour la plupart dans l’agglomération d’Amman.

Alors, en résumé, la Jordanie est une terre d’Islam certes, mais l’importance qu’ont eu les premières communautés chrétiennes en fait plutôt une terre bénie pour qui s’intéresse à l’Histoire des monothéismes. Et ce n’est là qu’une dimension parmi tant d’autres de ce pays surprenant où l’on peut tout aussi bien suivre les itinéraires des routes de la soie ou de l’encens, les pas de Moïse ou ceux de Lawrence d’Arabie. C’est un pays de couleurs qui se révèlent partout comme dans Amman la Blanche, Pétra la Rose, sans oublier l’orange, le jaune et l’or du désert. C’est aussi un lieu habité par un peuple formidable réservant à tous les voyageurs un accueil chaleureux. Chacun y est reçu comme un hôte de marque et souvent on peut être invité à boire le thé ou le café à la cardamome avec en fond des formules de bienvenue à n’en plus finir. Toute la magie de l’Orient s’y trouve concentrée, aussi n’hésitez pas à faire confiance à Voyages Lambert pour découvrir ce monde d’émotions sans modération. Deux circuits explorent ce pays : Israël et Jordanie, de la Terre promise au Royaume hachémite ainsi qu’Arabie saoudite et Jordanie, sur les traces des caravaniers de la route de l’encens. Serez-vous des nôtres?

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