Découvrir l’Équateur d’Oswaldo Guayasamín

Par Michel Provost, accompagnateur

Pas toujours facile de choisir quel pays visiter en Amérique du Sud. Comment aborder ce continent immense, aux beautés si variées? L’une de ses portes d’entrée les plus merveilleuses et pourtant les plus méconnues est l’Équateur. Mais justement parce qu’il est si peu connu, on peut se demander pourquoi choisir de visiter l’Équateur et comment le faire.

Pour en aborder la découverte, Voyages Lambert vous propose une immersion culturelle dans ce pays, à la rencontre de l’un de ses artistes les plus emblématiques : Oswaldo Guayasamín. Dans le cadre du circuit équatorien de Voyages Lambert, nous ne manquons jamais la chance de visiter sa Maison-Musée de Quito, un rendez-vous des plus touchants plongeant dans les racines identitaires du pays. Cette découverte de l’œuvre de Guayasamín, incluse dans l’itinéraire, ne manque pas de susciter une forte émotion chez les voyageurs, et en fait un des points forts de notre passage à Quito. En 1979, j’ai eu l’immense honneur de rencontrer l’artiste lors d’un tournage québécois.

Qui est Guayasamín?

Né à Quito en 1919, d’un père indigène et d’une mère métisse, identité qu’il revendique fièrement, Oswaldo Guayasamíndébuta sa formation à l’École des Beaux-Arts de Quito. Une série de voyages en terres andines lui permettra de rencontrer le peuple indigène, mais surtout d’être témoin de son oppression, un thème fort qui sera par la suite omniprésent dans ses œuvres. Son travail est lié au muralisme mexicain, à Diego Riviera et José Clemente Orozco en particulier, ainsi qu’à la peinture moderne de Picasso, dont l’œuvre « Guernica » semble faire écho aux thèmes si chers à l’artiste qui dédia sa vie à la peinture et à la lutte contre les injustices sociales.

 

 

Les œuvres d’Oswaldo Guayasamín

Le peintre divisait son œuvre en trois grands cycles : « Le Chemin des larmes », « l’Âge de la colère » et « l’Âge de la tendresse », disant qu’elles constituaient trois symphonies qui se seraient séparées dans sa jeunesse et qu’il réunissait peu à peu.

Ses œuvres El ataud Blanco et Los Ninos Muertos sont emblématiques de ce premier cycle. Ce second tableau témoigne de la violence des affrontements et des assassinats à Quito, auxquels fût confronté l’artiste qui perdit ainsi tragiquement plusieurs de ses amis de jeunesse. Cette toile est le témoin de la prise de position contre la violence, la cruauté et l’injustice de Guayasamín.

Avec sa seconde série, l’Âge de la colère (La Edad de la Ira), débutée en 1961, l’artiste souhaitait dénoncer les hauts lieux et faits de tueries du XXe siècle  : les camps de concentration nazis, la guerre civile espagnole, les dictatures d’Amérique latine, ainsi que les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki. Il déclara à ce propos : « Esta serie quedará inevitablemente inconclusa, puesto que es parte de un proceso histórico todavía en marcha», ce qui peut être traduit par : «Cette série restera inévitablement incomplète, car elle fait partie d’un processus historique en cours. »

L’image de l’homme qu’il dresse alors en gros plans est tragique et poignante. Au contraire des muralistes mexicains, elle ne glorifie jamais de victoire et ne porte aucun message d’espoir. Elle se veut un cri, un témoignage déchirant de l’injustice des peuples opprimés en Amérique du Sud et de par le monde. Ses personnages, des colosses brisés aux mains déformées et crispées et aux fronts plissés, sont des témoins anonymes de peuples aux souffrances étouffées.

Il débuta en 1988 son ultime série de toiles en hommage à sa mère décédée à l’âge de 46 ans et qui joua un rôle déterminant dans son inspiration artistique. Ces œuvres plus douces, dont la plus connue, Madre y niño, sont dédiées à toutes les mères du monde.

Vous pouvez découvrir quelques-unes de ses œuvres sur cette page.

 

 

La fondation Guayasamín

 Concevant l’art comme un patrimoine du peuple, le peintre fonda avec ses enfants, en 1976, la fondation Guayasamín, grâce à laquelle il légua tout son patrimoine artistique à l’Équateur. Au-delà de son propre travail, son héritage est constitué de sa collection de pièces précolombiennes et d’objets d’art coloniaux; de nombreuses pièces regroupées dans quelques musées ouverts par la ville et pour le peuple.

Ainsi, se trouve à Quito, sur la pittoresque colline du Guangüiltagua, la Maison-Musée du peintre regroupant une collection impressionnante d’œuvres d’artistes tels que Picasso. Dessiné par l’artiste lui-même, cet espace d’art et de culture fut la résidence de Guayasamín à la fin de sa vie.

Pour en avoir un aperçu, voici une très intéressante visite virtuelle de la Maison-Musée de Guayasamín.

 

 

 La Chapelle de l’Homme

Un des projets majeurs de l’artiste fut la conception et la construction de la « Capilla del Hombre » (la Chapelle de l’Homme), qu’il voulait être un centre de recueillement pour méditer sur la trajectoire de l’humanité. Il y travaillait depuis quatre ans et pensait pouvoir l’inaugurer le 1er janvier 2000 avant de décéder prématurément. En la faisant construire selon ses propres plans, il avait l’ambition d’y peindre, sur trois étages, « toutes les tragédies que nous avons connues au cours de notre vie et de notre Histoire en Amérique Latine ». Le premier étage, le plus grand, serait consacré à l’Amérique précolombienne, le second, le plus tragique, à l’histoire des dizaines de millions d’Indiens qui sont morts en un siècle et demi, le troisième serait celui des métissages, de l’apport de l’Europe, en particulier des Espagnols.

Sa visite est très touchante, comme en témoigne cette citation écrite sur un des murs de la chapelle :

Cette citation peut être traduite par : « J’ai pleuré, car je n’avais pas de souliers jusqu’à ce que je voie un enfant qui n’avait pas de pieds. »

 

 

Oswaldo Guayasamin reçut à sa mort, en 1999, un prix de l’UNESCO pour « sa vie entière, passée à œuvrer pour la paix ». Il décrivait lui-même son travail par ces mots, en 1976 : « J’ai peint pendant un demi-siècle comme si je criais désespérément. Et mon cri s’est ajouté à tous les autres cris qui expriment l’humiliation et l’angoisse de l’époque où nous vivons ». En hommage à l’artiste, une grande murale est exposée au siège social de l’UNESCO à Paris et à l’aéroport Adolfo Suárez Airport de Madrid.

Si vous souhaitez découvrir plus en profondeur l’œuvre d’Oswaldo Guayasamín ainsi que cette terre andine qui lui était si chère, n’hésitez pas à contacter vos conseillers de Voyages Lambert. En attendant, le visionnement de la présentation de ce voyage vous permettra de rêver de ces contrées exceptionnelles.

 

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